La calligraphie chinoise / calligraphie moderne

Parallèlement à l’art officiel et traditionnel soutenu financièrement par les académies, il existe une calligraphie moderne en Chine. Cet art indépendant doit compter sur des fonds et un réseau de diffusion privés. C’est une partie de la production artistique chinoise qui est complètement ignorée en Occident.

Selon Yolaine Escande (L’Art en Chine), seules la peinture et les installations semblent retenir l’attention des organisateurs d’exposition. Et les vifs débats dont la calligraphie moderne fait l’objet en Chine sont ignorés de l’Occident.

Elle avance que : « Cela est certainement dû à une ignorance et à certains préjugés, selon lesquels l’art sur médias traditionnels est nécessairement passéiste. Ainsi, le marché de l’art, très prolifique en Chine pour ce type d’œuvres, est totalement inconnu. »

On voit peu de cette calligraphie moderne. Il faut donc se fier à ceux qui la décrivent. Dans sa préface du livre La nouvelle langue du Dragon, illustré des « graphimages » de l’artiste chinois Wu Hua, Léon Vandermeersh mentionne que la première grande exposition de calligraphie moderne qui eut lieu à Pékin en 1985 aurait fait autant scandale que l’exposition à New York de 1913 qui avait introduit le cubisme en Amérique. Il ajoute : « De fait, si le cubisme est la peinture du parti pris d’une décomposition systématique des formes naturelles, la calligraphie moderniste joue sur la déconstruction délibérée de l’écriture chinoise dans toutes ses dimensions. Les idéogrammes sont rendus malléables à toute sortes de déformations, par distension ou resserrement, agrandissement ou amenuisement, accentuation des angles et des arrondis; malléables au mélange de tous les styles pictographique, sigillaire, notarial ou cursif; malléables à une libre recomposition de leurs composants graphiques, jusqu’à la fabrication de similis caractères chinois illisibles. Leur disposition sur le papier est complètement dérégulée, tantôt erratique, tantôt engoncée au contraire dans des colonnes serrées sans respiration, sans parler des couleurs inédites parfois choisies pour l’encre ou pour le fond. »

Moderne ou traditionnelle, la calligraphie chinoise reste un art d’expression personnelle, ainsi que l’énonçait déjà Sun Guoting de la dynastie des Tang (648 - 703?), dans son Traité de calligraphie : « Le calligraphe tire de son pinceau d’infinies métamorphoses et confie toutes les émotions qu’il ressent aux formes qui naissent sur la feuille. »

 



Note : Je ne traite pas ici des calligraphies japonaise et coréenne, non par manque d’intérêt, loin de là, mais parce que ce sont de vastes sujets qui nécessiteraient en eux-mêmes une longue présentation. Néanmoins, pour les personnes intéressées, j’ai indiqué dans la section Références un important ouvrage sur la calligraphie japonaise.

 

pinceaux

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